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12 mai 2014

Coupe du monde : les Brésiliens ne sont pas à la fête

Classé dans : Solidarité internationale — cgtfam @ 10 h 34 min

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« Faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde, qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays, leur passion pour le football et que, s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, ce serait bien pour le Brésil et pour la planète football, quoi. » Cette phrase malheureuse de Platini condense à la fois l’inquiétude des dirigeants sportifs et politiques à l’égard de la tension sociale montante au Brésil à la veille de la Coupe du Monde et la nostalgie d’un pays qui n’existe plus.

 Car depuis plusieurs mois, les travailleurs et la jeunesse brésiliens ne se retrouvent plus dans cette image de la « beauté » du pays, de la « passion pour le football » et d’un peuple « joyeux ». Les grandes manifestations de juin dernier ont laissé leur marque dans les esprits de toute une génération longtemps anesthésiée par les promesses du « Brésil-puissance ». Le coût économique et social extrêmement élevé de l’évènement sportif est devenu ainsi la cible symbolique de la lutte contre une société profondément injuste. Il a été au centre des mobilisations contre l’augmentation du prix des transports publics et le peuple brésilien met désormais systèmatiquement en balance le coût de l’organisation de la « Copa » avec l’insuffisance des investissements dans le domaine de la santé, de l’enseignement et du logement.

José Afonso, Raimundo Nonato, Fábio Luiz, Ronaldo, Marcleudo, José Antônio, Antônio José et Fabio Hamilton aimaient très probablement le foot. Et pourtant ils ne pourront pas assister à la Coupe du Monde car ils sont tous morts victimes des conditions de travail inhumaines dans les travaux de construction des stades et d’infrastructures. L’évènement sportif aura aussi certainement un goût amer pour les 170 000 familles expulsées de leurs logements au profit de ces mêmes travaux.  C’est aussi le cas pour les familles et des amis de l’ouvrier du bâtiment Amarildo et du danseur Douglas, assassinés brutalement et devenus des symboles de la violence policière dans les favelas « pacifiées ». Le fait nouveau c’est que dans un pays où jusqu’à présent la police tuait des jeunes et des travailleurs pauvres en toute impunité, des mobilisations aient eu lieu, jusqu’à imposer une véritable enquête et l’arrestation des responsables.

Mais les changements en cours au « pays du foot » ne s’arrêtent pas là. Une succession de grèves a mis à mal la construction par GDF-Suez du barrage de Jirau dans la région amazonienne, donnant les premiers signes que la classe ouvrière brésilienne commençait à lever sa tête. Des journées de travail de plus de quinze heures, des morts victimes du manque d’assistance médicale, la violence morale et physique des contremaîtres avaient déclenché des véritables émeutes. Plus en général, toutes les statistiques montrent une augmentation considérable du nombre de grèves depuis 2012. Le dernier exemple de ce « réveil ouvrier » a été la grève victorieuse des balayeurs de Rio qui ont saisi le moment du Carnaval pour imposer l’ensemble de leurs revendications. C’est évidemment un scénario de ce type que fait peur aussi bien aux dirigeants de la FIFA qu’au gouvernement brésilien.

Un appel à des manifestations de solidarité internationale est lancé, notamment pour le jour de l’ouverture de la Coupe du Monde, le 12 juin.

 

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